Chapitre 2
C'est maintenant au tour d'Arielle, je la regarde se pencher vers la rail blanche qui l'appelle. Elle se penche, une main pour tenir ses cheveux, et l'autre qui bouche une narine. Elle sniffe sa rail en un rien de temps. Je la regarde déposer la main qui tenait ses magnifique longs cheveux blonds vers le sol. Elle penche sa tête, s'accote sur le vieux mur de brique qui se tenait derrière elle et me regarde, me lance un mini sourire style colgate, et puis son regard se détourne et admire le ciel, la lune, les étoiles. Je dois dire que cela ne me suffit pas, ou plutôt ne nous suffit pas. J'ouvre et sort soigneusement la seringue de mon sac. Je la prends entre mes doigts, je la serre fort. Je regarde le bout qui va bientôt transpercer la peau toute pâle. Je fais juté une petite goutte de la seringue, pour voir si elle fonctionne. Elle fonctionne. Je dépose l'aiguille sur mon bras en appuyant de plus en plus fort. Je finis par faire une légère pression avec mon pousse sur le bout de la seringue, et vite c'était au tour d'Arielle. Soupir d'extase, comme c'est bon. La nuit passait très vite à nos yeux, il faisait déjà jour en un soupir. Une nuit de plus dans les rues. La classe. J'aide Arielle à se relever, je lui tends ma main et elle l'a prise sans hésiter, manquant légèrement de forces. On se dirige vers notre appartement, clé en main. Je l'insère dans la serrure et tourne lentement, juste pour entendre la vieille serrure se désenclanchée. On se dirige toutes les deux vers nos lits, qui nous appelle à bras ouverts. Arielle se lève finalement, et se dirige vers la douche; pas assez de temps pour le dodo. J'entends l'eau qui coule dans la salle de bain, on dirait d'énormes échos dans ma tête. J'enfile un slim noir avec une camisole blanche, quelques accessoires par ci par là, et je suis prête pour la journée. Prête mentalement, mais physiquement c'est autre chose. J'aperçois Arielle sortir de la douche, déjà prête. Elle porte un slim rouge, avec un chandail blanc muni d'un écriteau écrit You Can't Touch This en lettres dorées . Nous voilà en route vers le défilé, encore. Pour quelle marque aujourd'hui? Aucune idée.
Arrivées, on se fait déjà harceler ; maquillage, coiffure, habillage, etc . On me tire le bras; c'est l'habilleuse qui me déshabille, sans gène, et commence à me mettre une robe noire ridicule, avec un corset noir trop serré. On voit presque toutes mes cuisses. La poisse. Je ressemble à une prostituée avec cette simili robe. J'aperçois ma meilleure amie, elle est aussi ridicule que moi avec son bout de tissu jaune flamboyant. On se fait pousser pour aller sur la scène, accueillant non?. J'y vais en premier. Le déhanchement demandé est trop exagéré, je rie presque de ma gueule dans ma tête. Je reviens, et c'est au tour d'Arielle, qui marche moins exagérément que moi, comme d'habitude. Elle va se faire tapper sur les doigts une fois de plus, mais jamais ils la mettront dehors. Elle a trop l'attitude et la classe pour ça. Bref c'était presque la fin, les applaudissement étaient tellement forts et tellement fakes. Tout ça pour regarder des jeunes filles se défiler avec des bouts de tissu tout aussi ridicule les uns que les autres. Quel genre de monde vient dans une salle pour regarder des filles marcher? Non mais. Dernier regard vers la foule, en faite c'est le premier de la soirée. Que des snobs on dirait. Bref, le même regard s'empare de nos yeux à moi et Arielle. L'envie de sortir et prendre notre petite dose de bonheur ne se fait pas attendre. On se déshabille, se rhabille normalement, et on se ruent vers la porte de sortie. Encore une fois, main dans la main, se dirigeant vers la ruelle la plus proche, mais pas trop quand même. On s'installe tranquillement, on commence à s'impatienter. Je commence à sortir nos trucs mais cette fois, on exagère notre dose de bonheur. Exagérer, certes, mais comment bon. Je trace quatre rails pour moi, et quatre rails pour Arielle. Putain ça va être dément. Une minute après, c'était déjà disparu, il n'y avait plus aucune traces de notre bonheur en canne, ou plutôt en poudre. On lève la tête, on se regarde avec un regard de satisfaction. Arielle lève la tête vers le ciel, comme toujours, les yeux fermés, pendant que le peu attention qui me reste se dirige vers une ou deux silhouettes que j'apercevais au loin. Elles se rapprochent de nous lentement ; ça semble être deux mecs. Ils me semblent très familiers, comme un déjà-vu. Je me souviens, ils étaient là, nous regardant défiler . L'un deux ressemblait à un androgyne, et l'autre ressemble déjà plus à un mec, mais encore là...